Dopamine contre Sérotonine : pourquoi le plaisir est l’ennemi du bonheur ?

Bonjour à tous ! Aujourd’hui, nous allons parler de deux neurotransmetteurs : la dopamine et la sérotonine, mais surtout de la différence entre le plaisir et le bonheur. Bien comprendre le fonctionnement de notre cerveau, via ces deux neurotransmetteurs, permet de mieux appréhender et mener notre quête du bonheur.

Avoir une super forme est pour moi l’atteinte d’un objectif physique et mental, mais aussi de bonheur personnel.

Tout est lié, et vous verrez  au cours de cet article que la quête d’une super forme et la quête du bonheur s’entrecroisent.

 

La différence entre plaisir et bonheur

 

Il existe 7 différences entre le plaisir et le bonheur :

  1. Le plaisir est de courte durée, le bonheur est de longue durée.
  2. Le plaisir est irraisonné, instinctif et matériel alors que le bonheur est plutôt spirituel.
  3. Le plaisir est solitaire, le bonheur s’atteint au sein d’un groupe social, il est lié aux interactions sociales.
  4. Le plaisir est lié au fait de “prendre”, de “consommer” alors que le bonheur est plutôt connecté au fait de “donner” et “échanger”.
  5. Le plaisir est atteignable via des substances, le bonheur non.
  6. Le plaisir poussé à l’extrême va mener à l’addiction et la destruction, mais il n’existe aucune addiction au bonheur.
  7. Le plaisir est lié à la dopamine, le bonheur à la sérotonine.

 

Qu’est-ce que la dopamine et la sérotonine ?

 

La dopamine et la sérotonine sont des neurotransmetteurs, c’est à dire qu’ils vont agir sur nos neurones, sur notre cerveau.

La dopamine est liée au plaisir, c’est un excitant. Elle est au cœur du “circuit de la récompense” : élément indispensable à la survie de notre espèce dans des temps lointains ou pas si lointains. Sans dopamine et circuit de la récompense, nous n’aurions pas le goût de vivre. Ce circuit fonctionne simplement : lorsque nous mangeons ou avons du sexe par exemple, notre cerveau sécrète de la dopamine – c’est une récompense, un plaisir. Sans ça, nous n’aurions pas envie de manger ou de nous reproduire… et c’est la fin de l’espèce.

Or, comme nous le verrons ensuite, ce “circuit de la récompense” a été piraté par les industriels. Lorsque les plaisirs sont trop fréquents ou qu’ils deviennent notre but premier, cela mène à l’addiction, l’opposé du bonheur.

 

dopamine sérotonine

 

A l’inverse, la sérotonine est liée au bonheur, c’est un inhibiteur. Cela signifie qu’elle va calmer les neurones plutôt que les exciter. Elle permet donc d’atteindre un sentiment de plénitude, de relaxation et de contentement.

Un cerveau qui baigne dans la sérotonine est un cerveau heureux !

 

Pourquoi le plaisir entrave notre quête du bonheur ?

 

Grâce aux neurosciences, nous savons désormais que l’accumulation de plaisirs ne mènent absolument pas au bonheur, elle l’empêche durablement même en inhibant le sentiment de plénitude et de contentement (procuré par la sérotonine) : trop de dopamine empêche tout simplement la production de sérotonine.

Pire encore, la recherche incontrôlable de plaisirs va nous mener droit à l’addiction, à encore plus de souffrances, tout en nous éloignant durablement du bonheur.

Cela s’explique par le fonctionnement de notre cerveau. Le plaisir crée de la dopamine. La dopamine est un “excitateur” et nos neurones aiment être excités. Mais s’ils sont excités trop souvent, cela peut les tuer. Les neurones vont donc éteindre des récepteurs pour baisser l’excitation et donc ne pas mourir sous les assauts répétés de la dopamine.

Si les neurones ferment leur récepteurs, il y a donc de moins en moins de récepteurs à occuper. Il faudra une dose de dopamine toujours plus grande pour obtenir la même satisfaction.

Au bout d’un moment, nous allons prendre une dose énorme, mais il n’y aura aucun effet de satisfaction : c’est ce qu’on appelle la tolérance.

Si nous continuons cette recherche et consommation frénétique de “plaisirs immédiats”, les neurones commencent à mourir. C’est ce qu’on appelle l’addiction.

Le plaisir intense et chronique mène donc à l’addiction et à la destruction de nos neurones.

 

addiction au sucre

 

Les plaisirs qui mènent à l’addiction sont ceux qui sécrètent de la dopamine. Comme nous l’avons vu précédemment, ils sont solitaires, matériels et instinctifs. Ce sont des substances, des activités ou des comportements. Les plus connus sont :

  • Le sucre
  • Les drogues et l’alcool
  • Les réseaux sociaux
  • Les achats compulsifs (shopping)
  • Les jeux vidéos
  • La pornographie
  • etc.

 

Le cerveau interprète toutes ces “activités” comme des “récompenses”. Les industriels l’ont très bien compris. Ils ont “piraté” le circuit de la récompense pour que nous consommions toujours plus (via les mécanismes de l’addiction et de la tolérance) pour vendre toujours plus, et augmenter leurs profits. C’est pourquoi les produits alimentaires industriels sont gorgés de sucres ajoutés sous forme diverses et variées : le sucre provoque l’addiction à la dopamine.

Grâce au marketing, ces industriels ont également créer la confusion entre bonheur et plaisir. Via la publicité, ils cherchent à induire dans notre esprit la corrélation entre les plaisirs immédiats et le bonheur à long terme. Cela sort du cadre de l’alimentation : nous cherchons à avoir toujours plus de biens matériels ou de plaisirs physiques, car nous pensons que cela va nous rendre plus heureux. C’est l’inverse.

 

société de consommation

 

Si nos sociétés sont de plus en plus malheureuses, c’est en partie à cause de cette recherche permanente et folle de toujours plus de plaisirs. Or, plus nous sécrétons de dopamine, plus notre niveau de sérotonine baisse. Nous sommes alors de plus en plus malheureux sans savoir pourquoi.

Et cela peut nous encourager à multiplier les plaisirs immédiats dans le but d’être heureux. Via la dopamine, nous sommes content pendant un court instant : lors de l’achat d’une nouvelle voiture, d’un nouveau vêtement, après avoir mangé son paquet de biscuits ou son pot de glace. En vérité, nous allons juste tomber dans la spirale de l’addiction et dans la destruction de notre bonheur.

 

Comment atteindre le bonheur ?

 

Heureusement, il est possible de sortir de ce cercle infernal. Maintenant, nous connaissons le fonctionnement de notre cerveau, du circuit de la récompense et de la dopamine.

Plus tôt, je vous ai dit que la sérotonine était un neurotransmetteur connecté au sentiment de bonheur (plénitude et contentement).

Le bonheur est spirituel, lié aux interactions sociales, au “don”, à l’échange, à l’absence de stress et au respect de soi. On retrouve les grandes leçons des philosophes du passé… ou du présent.

Nous avons attribué à tord à Epicure, la recherche constante des plaisirs immédiats. Mais ce philosophe grec avait développé un véritable “art de vivre” pour être heureux : se contenter de peu, vivre pleinement l’instant présent, donner plutôt que recevoir, développer l’amitié et les relations sociales autour de soi, etc.

 

sérotonine

 

Il est, comme d’autres philosophes grecs, à la base de la philosophie de l’équilibre : le malheur se trouve dans la démesure (l’excédent de plaisirs, l’addiction, ou l’absence de plaisirs). L’excès mène donc à la souffrance, et au contraire, l’absence d’excès ne mène pas forcément au bonheur. Il faut trouver le “juste milieu” et connaître ses propres limites.

Les neurosciences confirment cet état de fait. Nous avons besoin de dopamine pour alimenter le “circuit de la récompense”, mais nous ne devons pas tomber dans les travers de l’excès de plaisirs et de la recherche excessive des satisfactions matérielles. Les risques de telles pratiques sont l’addiction (la destruction de notre bonheur) et l’arrêt de la production de sérotonine – le neurotransmetteur du bonheur !

 

La sérotonine, comment favoriser sa production ?

 

Production de sérotonine, recherche d’une meilleure forme physique et mentale et quête du bonheur sont liés. Il existe plusieurs manières de développer la production de sérotonine et un bonheur à long terme. Vous allez voir qu’il en faut peu pour être heureux.

 

méditation bonheur

 

La méditation et le yoga

 

La méditation est un excellent moyen de produire de la sérotonine et d’augmenter son bonheur à long terme. Encore une fois, les neurosciences viennent confirmer les préceptes d’un ancien sage, Bouddha.

Grâce à de nombreuses études sur les effets de la méditation sur notre cerveau (comme celle du Centre de recherches en neuroscience à Lyon), nous savons désormais que la méditation peut nous aider à développer un sentiment de bien-être général, à traiter la dépression, à mieux résister au stress, à mieux contrôler le flux de nos pensées, ce qui contribue à limiter la rumination (multiplication et permanence des pensées négatives limitantes) ainsi que les actions impulsives et irréfléchies.

Une respiration lente, synchronisée sur notre rythme cardiaque, envoie le message que “tout va bien” à notre cerveau – ce qui crée un sentiment de bien-être et nous permet de sécréter de la sérotonine.

 

Une pratique soutenue de la méditation permet également de modifier la structure et l’activité de notre cerveau : les zones liées au stress et à la peur (amygdale) diminuent, les zones liées à la régulation des émotions et l’attention s’agrandissent (cortex préfrontal et insula). Ce qui nous aide à mieux réagir et à mieux comprendre les autres, deux points essentiels pour créer et maintenir de bonnes relations.

De plus, une meilleure attention et régulation de nos émotions nous empêche de céder facilement aux plaisirs immédiats.

 

Pour en savoir plus sur comment pratiquer la méditation, vous pouvez lire cet article: Débuter la méditation : petit guide pour commencer

 

Les interactions sociales et l’amitié

 

Quand nous interagissons avec un autre être humain, nous allons avoir un échange de regards. Cet échange de regard avec une personne va activer des neurones “miroirs”, ou neurones de l’empathie.

L’activation de ces neurones permet de créer de la sérotonine, car nous nous connectons à l’autre. L’homme étant un animal social, se savoir en connexion avec un autre être humain entraîne un sentiment de bien-être.

Il est intéressant de noter que les échanges ou interactions via les réseaux sociaux n’induisent pas la production de sérotonine, mais activent plutôt notre circuit de la récompense (donc la production de dopamine). Quand nous avons des “likes” ou que nous échangeons avec quelqu’un via la messagerie intégrée, il n’y a pas de connexion, d’échange de regards, donc notre cerveau ne considère pas ça comme une connexion d’humain à humain, d’être vivant à être vivant.

 

être heureux

 

Le contact physique est aussi très important pour la production de sérotonine. Par exemple, les massages (reçus ou donnés) permettent d’en activer la sécrétion. En plus, un bon massage permet de se relaxer et de créer un sentiment de bien-être, encourageant notre cerveau à créer plus de ce neurotransmetteur.

Il est également prouver que les “câlins” permettent de se sentir mieux et d’être plus heureux.

 

Respecter le fonctionnement de son corps via une alimentation saine et une activité physique

 

Il existe beaucoup de fausses croyances sur la sérotonine et l’alimentation: on attribue par exemple beaucoup de bienfaits aux aliments riches en tryptophanes, un acide aminé précurseur de la sérotonine. Or, il est en compétition avec d’autres lors de la digestion et l’absorption par le corps, il n’y a donc pas de vraie corrélation entre tryptophane et production de sérotonine. Idem pour les bananes, qui contiennent beaucoup de sérotonines, nous ne pouvons pas l’absorber.

 

La seule manière durable de produire de la sérotonine via l’alimentation est de respecter le fonctionnement de notre corps. C’est à dire : limiter les aliments sucrés et industriels (qui sont des plaisirs immédiats, qui produisent beaucoup de dopamine et mènent à l’addiction), et privilégier une alimentation riche en produits bruts, non-transformés et naturels. C’est la fameuse alimentation ancestrale et vivante dont je vous parle fréquemment (voir l’article).

Consommer des aliments gras, avec des oméga-3, est également bénéfique à la production de sérotonine : poissons gras comme le saumon, l’huile de poison, les oléagineux comme les noix.

Consommer du chocolat noir à plus de 70% permet aussi de sécréter de la sérotonine, grâce au resvératrol : une substance qui permet de produire de l’endorphine et la sérotonine.

De plus, manger sainement va permettre de vous sentir en harmonie avec vous-même. Vous allez ressentir du bien-être à respecter une alimentation bonne pour votre santé. La non-saturation de sucre dans votre organisme envoie un message positif à votre cerveau : vous allez bien.
 
 
alimentation saine bonheur

 

Faire du sport est également excellent pour produire de la sérotonine. Bouger permet d’augmenter le fameux tryptophane, qui sera présent dans votre organisme pendant une longue période après l’effort.

Votre humeur est généralement meilleure après s’être dépenser. C’est pourquoi plus on pratique une activité physique et sportive, plus on a du mal à s’en passer : elle nous rend heureux.

Pour améliorer la sécrétion de sérotonine via l’effort physique, vous pouvez :

  • Pratiquer une activité qui vous est familière et que vous appréciez
  • Marcher fréquemment, entre 30 minutes et 1 heure par jour

 

Éprouver de la gratitude

 

La gratitude, c’est le fait de se concentrer sur les bienfaits que nous apportent les évènements et les personnes dans notre vie. C’est arrêter de se concentrer sur le mal dans notre vie, mais plutôt trouver des bienfaits à tout ce qui nous arrive, que nous le jugions positif ou négatif.

Je développe plus précisément ce concept dans un article dédié : Pourquoi et comment s’entraîner à éprouver de la gratitude ?

 

Éprouver de la gratitude apporte 4 bienfaits essentiels pour produire de la sérotonine et atteindre le bonheur :

  • Sentiment de bien-être
  • Réduction du stress
  • Contrôle de nos émotions
  • Amélioration de nos relations sociales
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